Qu’est-ce que la grande migration ?
La grande migration est l’un des plus grands mouvements de grands mammifères terrestres de la planète. Plus d’un million de gnous, suivis par des centaines de milliers de zèbres et de gazelles, parcourent chaque année une boucle d’environ 800 à 1 000 kilomètres entre le sud du Serengeti et le Masai Mara, au Kenya [à vérifier : distance].
Ce qui les fait bouger, ce sont les pluies et l’herbe. Les gnous suivent les averses qui font repousser les pâturages, et recherchent les sols volcaniques du sud du Serengeti, riches en minéraux, pour mettre bas. Le parcours ne suit donc pas un calendrier fixe : il varie de plusieurs semaines d’une année à l’autre.
Les prédateurs suivent : lions, hyènes, guépards et léopards profitent de l’abondance, et les crocodiles du Nil attendent les troupeaux dans les rivières Grumeti et Mara. C’est ce qui rend la migration aussi spectaculaire à observer.
Le cycle de la grande migration, mois par mois
| Mois | Où sont les troupeaux | Ce que vous voyez |
|---|---|---|
| Janvier | Plaines du sud, Ndutu | Herbe verte, troupeaux dispersés, premières naissances |
| Février | Plaines du sud, Ndutu | Pic des naissances, chasses de prédateurs très fréquentes |
| Mars | Sud, début de remontée | Jeunes gnous déjà mobiles, premières pluies |
| Avril | Centre (Moru, Seronera) | Longues colonnes vers le nord-ouest, parcs vides |
| Mai | Centre et ouest | Début du rut, troupeaux très bruyants |
| Juin | Corridor ouest | Traversées de la rivière Grumeti, crocodiles |
| Juillet | Ouest et nord | Arrivée dans le nord, premières traversées de la Mara selon les années |
| Août | Nord (Kogatende, Lamai) et Masai Mara | Traversées de la rivière Mara |
| Septembre | Nord et Masai Mara | Traversées de la Mara, dans les deux sens |
| Octobre | Nord, début du retour | Dernières traversées, troupeaux qui redescendent |
| Novembre | Est et centre | Retour vers le sud avec les petites pluies |
| Décembre | Sud et Ndutu | Arrivée dans les plaines du sud, avant les naissances |
Le calendrier affiché en haut de page indique, pour chaque zone, les mois où vos chances sont les meilleures.
Décembre à mars : la saison des naissances à Ndutu
C’est la période préférée des photographes et des passionnés de prédateurs. Les troupeaux se rassemblent dans les plaines herbeuses du sud du Serengeti et autour du lac Ndutu, à cheval sur l’aire de conservation du Ngorongoro. En février, les naissances se comptent par milliers chaque jour, sur environ trois semaines. Les jeunes gnous tiennent debout quelques minutes après leur naissance et suivent leur mère presque aussitôt.
Cette concentration attire guépards, lions et hyènes : c’est l’une des meilleures périodes de l’année pour assister à une chasse. Les camps de Ndutu et du sud du Serengeti, dont plusieurs camps mobiles installés pour la saison, permettent de dormir au milieu des troupeaux.
Notre conseil : en février, réservez un camp à Ndutu ou dans les plaines du sud plutôt qu’à Seronera. Vous gagnez deux heures de piste chaque jour et vous êtes sur place à l’aube, quand les prédateurs sont les plus actifs.
Avril à juin : la remontée par le centre et l’ouest
Avec les grandes pluies, les plaines du sud s’épuisent et les troupeaux remontent vers le nord-ouest. D’avril à mai, ils traversent le centre du parc, entre Moru Kopjes et Seronera, en colonnes qui s’étirent sur des kilomètres. Le rut commence : les mâles se battent et poussent des grognements continus.
En juin, une partie des troupeaux s’engage dans le corridor ouest, vers le lac Victoria. Ils y affrontent la rivière Grumeti, plus étroite que la Mara mais peuplée de très grands crocodiles. Ces traversées sont moins médiatisées, et souvent moins fréquentées. La réserve privée de Grumeti, à l’ouest du parc, permet de suivre cette phase loin des foules.
Juillet à octobre : les traversées de la rivière Mara
C’est le moment le plus célèbre. Les troupeaux atteignent le nord du Serengeti, autour de Kogatende et du triangle de Lamai, et franchissent la rivière Mara, parfois plusieurs fois dans un sens puis dans l’autre. Les traversées ont lieu en général d’août à octobre, parfois dès la mi-juillet.
Une traversée ne se programme pas. Les gnous s’accumulent sur la berge, hésitent, repartent, reviennent ; puis un animal saute, et des milliers suivent en quelques minutes. Les guides se tiennent à distance pour ne pas bloquer le passage, et les règles du parc encadrent la position des véhicules.
Pour vivre ce moment dans de bonnes conditions :
- dormez dans le nord, à Kogatende ou à Lamai : depuis Seronera, il faut 4 à 5 heures de piste pour rejoindre la rivière ;
- prévoyez trois à quatre nuits, pour multiplier les chances ;
- acceptez l’attente : emportez le déjeuner, et restez sur la berge avec votre guide.
Notre conseil : septembre et octobre offrent autant de traversées qu’août, avec moins de monde et des tarifs parfois plus doux. Et réservez tôt : les camps du nord sont peu nombreux et affichent complet des mois à l’avance.
Novembre : le retour vers le sud
Avec les petites pluies, les troupeaux redescendent par l’est du parc et le secteur de Lobo, puis traversent le centre pour rejoindre les plaines du sud en décembre. C’est une période de transition, moins prévisible, mais avec des paysages qui reverdissent et des tarifs plus doux. Les troupeaux peuvent être dispersés : un guide expérimenté fait la différence.
Comment organiser un safari pour voir la grande migration ?
Choisir le bon secteur selon le mois
Le Serengeti couvre près de 15 000 km². Un camp mal placé peut vous laisser à trois ou quatre heures de piste des troupeaux. Votre conseiller choisit le secteur selon vos dates, et ajuste à quelques semaines près selon les observations récentes de nos partenaires sur place.
Combiner deux secteurs
Avec 10 à 12 jours, nous recommandons deux camps dans le Serengeti : par exemple Seronera puis Kogatende en août, ou Ndutu puis Seronera en février. Vous suivez ainsi les troupeaux et profitez des félins résidents du centre, présents toute l’année.
Ajouter le Ngorongoro et Tarangire
La migration se combine naturellement avec le cratère du Ngorongoro, sur la route du Serengeti, et avec Tarangire, au sommet de juillet à octobre avec ses grands troupeaux d’éléphants. Voyez nos itinéraires sur la page circuits en Tanzanie.
Vivre la migration autrement
- En montgolfière : au lever du soleil, un vol d’environ une heure au-dessus des plaines du centre ou du nord, suivi d’un petit-déjeuner en brousse. Le meilleur moyen de mesurer l’ampleur des troupeaux.
- En camp mobile : ces camps de toile se déplacent avec les saisons, dans le sud de décembre à mars puis dans le nord de juillet à octobre. Vous entendez les gnous et les zèbres toute la nuit autour des tentes.
- En réserve privée : en bordure du parc, notamment à Grumeti à l’ouest, quelques concessions autorisent les sorties de nuit, interdites dans le parc national, et des marches plus libres qu’à l’intérieur du parc.
Conseils pour photographier la migration
Un téléobjectif de 100-400 mm couvre l’essentiel des situations ; un grand-angle sert pour les colonnes de gnous et les ciels d’orage. Un sac de riz ou un appui de fenêtre stabilise l’appareil dans le véhicule. Aux traversées, préférez la rafale et une vitesse rapide, et prévoyez de la poussière : un sac étanche protège le matériel. Demandez à votre guide de placer le véhicule en fonction de la lumière, le soleil dans le dos.
Et la migration toute l’année ?
Même hors des grands moments, le Serengeti reste exceptionnel : lions, léopards et guépards résident dans le centre toute l’année. Pour choisir votre période de voyage au-delà de la seule migration, voyez notre page quand partir en Tanzanie, et pour le budget, notre page prix d’un safari en Tanzanie.