Le Kaokoland en bref
Au nord du Damaraland, la route goudronnée s’arrête vite. Commence alors le Kaokoland, un territoire de montagnes nues, de plateaux caillouteux et de vallées de sable doré, coupé du reste du pays par ses distances et ses pistes. Le nom n’existe plus sur les cartes administratives, qui l’intègrent à la région de Kunene, mais tout le monde continue de l’utiliser.
| Repère | Ce qu’il faut savoir |
|---|---|
| Situation | Nord-ouest de la Namibie, entre la Skeleton Coast et le fleuve Kunene |
| Ville principale | Opuwo, environ 700 km de Windhoek |
| Sites majeurs | Chutes d’Epupa, vallées de Marienfluss et de Hartmann, Purros, col de Van Zyl |
| Habitants | Himba, mais aussi Herero et Zemba |
| Accès | 4x4 avec guide, ou avion léger |
| Durée conseillée | 3 à 6 nuits |
| Meilleure période | de mai à octobre |
Le Kaokoland ne ressemble à aucune autre région du pays. On ne vient pas pour cocher une liste d’animaux, même si girafes, oryx, springboks et éléphants du désert fréquentent ses lits de rivières. On vient pour l’immensité, pour le silence et pour la rencontre avec un peuple qui vit encore largement de l’élevage, selon ses propres règles.
Les Himba, éleveurs du nord-ouest
Les Himba sont un peuple d’éleveurs semi-nomades, de langue otjiherero, proches des Herero. Leur nombre est généralement estimé à quelques dizaines de milliers, répartis entre la Namibie et le sud de l’Angola. Leur vie s’organise autour du bétail, signe de richesse et de prestige : les familles se déplacent entre plusieurs campements au fil des saisons, à la recherche de pâturages et d’eau.
Ce qui frappe au premier regard
Les femmes himba s’enduisent la peau et les cheveux d’otjize, un mélange de beurre, d’ocre rouge et de résine aromatique, qui leur donne cette teinte cuivrée si souvent photographiée. Elle protège du soleil et de l’air sec, mais c’est d’abord un code esthétique et social. Les coiffures parlent aussi : deux tresses tombant sur le front pour les jeunes filles, une coiffe en peau, l’erembe, pour les femmes mariées ou mères.
Ce que l’on comprend en prenant le temps
Au centre du village brûle le feu sacré, l’okuruwo, qui relie la famille à ses ancêtres. On ne passe pas entre le feu et la hutte principale, et c’est souvent là que le chef de famille reçoit et prend les décisions. Les hommes conduisent les troupeaux ; les femmes tiennent le village, traitent le lait, préparent l’otjize et élèvent les enfants. Beaucoup de jeunes Himba vont aujourd’hui à l’école, utilisent un téléphone et vont en ville à Opuwo : la culture himba n’est pas figée, et c’est aussi ce qu’une vraie rencontre permet de saisir.
Rencontrer les Himba avec respect
Le tourisme auprès des Himba a ses dérives. Autour d’Opuwo et le long des routes principales, certains « villages » sont organisés pour recevoir plusieurs groupes par jour : visite minutée, photos en rafale, artisanat à vendre à la sortie. Ces villages vitrines laissent peu de place à l’échange et peu de retombées aux familles.
Nous organisons les rencontres autrement :
- avec un guide himba ou issu de la communauté, qui connaît la famille, la prévient à l’avance et traduit ;
- en petit groupe, en prenant au moins une heure ou deux, plutôt qu’en passant d’un village à l’autre ;
- avec une contribution convenue, versée à la famille ou à la conservancy, souvent complétée de produits de base (farine de maïs, sucre, huile) choisis avec le guide, plutôt que des bonbons ou de l’argent donnés aux enfants ;
- avec des photographies demandées, jamais volées, et l’acceptation d’un refus.
Notre conseil : posez des questions, laissez-vous expliquer la préparation de l’otjize ou le rôle du feu sacré, partagez quelque chose de votre propre vie. Les rencontres dont nos voyageurs se souviennent sont celles où l’appareil photo est resté longtemps dans le sac.
Dans le Damaraland voisin, certaines conservancies proposent aussi des rencontres dans le même esprit : notre approche y est décrite sur la page Damaraland.
Opuwo, la porte du Kaokoland
Opuwo est la ville carrefour de la région, à environ trois à quatre heures de route d’Etosha par Kamanjab. Ce n’est pas une destination en soi, mais une étape étonnante : dans les rues et au marché se croisent femmes himba, femmes herero en robes victoriennes et coiffes en forme de cornes, éleveurs venus vendre leurs chèvres et jeunes en jean.
Les chutes d’Epupa et le fleuve Kunene
À environ 180 kilomètres au nord d’Opuwo, le fleuve Kunene, frontière avec l’Angola, se jette dans une série de cascades et de rapides sur plus d’un kilomètre de large : les chutes d’Epupa, dont le nom signifierait « écume » en otjiherero. La chute principale plonge d’une trentaine de mètres dans une gorge étroite, au milieu de palmiers makalani, de figuiers et de baobabs accrochés aux rochers rouges.
Le spectacle est le plus puissant de mars à mai, après les pluies tombées sur les hauts plateaux angolais. En fin de saison sèche, le débit baisse, mais le site reste superbe, notamment au coucher du soleil depuis les collines qui dominent les chutes.
Autour d’Epupa, on se promène le long du fleuve, on visite des villages himba des environs avec un guide local et l’on observe les oiseaux de la ripisylve. Les crocodiles sont nombreux dans le Kunene : on ne s’y baigne qu’aux endroits indiqués par les guides.
Un projet de barrage hydroélectrique sur le Kunene, à Epupa puis plus en aval, est discuté depuis les années 1990. Il a été fortement contesté par les communautés himba, dont les terres et les tombes ancestrales auraient été noyées.
Marienfluss, Hartmann et le grand nord-ouest
Au-delà d’Epupa commence le Kaokoland le plus sauvage :
- les vallées de Marienfluss et de Hartmann, larges couloirs d’herbe dorée entre des chaînes de montagnes, qui descendent jusqu’au Kunene ; on y voit les mystérieux « cercles de fées », ces ronds de terre nue dans la prairie ;
- Purros, sur la rivière Hoarusib, où les éléphants du désert et parfois les lions remontent le lit asséché ;
- le col de Van Zyl, une piste de 4x4 parmi les plus difficiles d’Afrique australe, à ne descendre que d’est en ouest, avec un guide expérimenté.
Cette partie de la région se combine naturellement avec la Skeleton Coast, dont les camps isolés sont reliés par avion léger.
Comment se rendre dans le Kaokoland ?
En 4x4, avec un guide
C’est la formule la plus immersive. Les pistes sont rudes, les stations-service rares au-delà d’Opuwo et le réseau téléphonique quasi absent. Nous recommandons un guide-chauffeur qui connaît la région et les communautés plutôt qu’un autotour : une crevaison, une rivière en crue ou une erreur de piste peuvent immobiliser un véhicule pendant des heures.
En avion léger
Des pistes de brousse desservent Epupa et le nord-ouest. Quelques camps, installés au bord du Kunene ou dans les vallées, ne sont accessibles qu’ainsi. L’avion évite deux longues journées de route depuis Etosha et permet un séjour de deux ou trois nuits dans des paysages vides de tout. Le Kaokoland figure alors souvent dans un circuit fly-in avec la Skeleton Coast.
Quand partir dans le Kaokoland ?
- De mai à octobre, saison sèche : journées chaudes, nuits fraîches, pistes praticables. C’est la meilleure période. En octobre, il fait très chaud dans les vallées.
- De novembre à avril, les orages peuvent couper les pistes et gonfler les rivières, et la chaleur dépasse souvent 35 °C. En contrepartie, les chutes d’Epupa sont au plus fort de mars à mai.
Le paludisme est présent toute l’année le long du Kunene, selon l’Institut Pasteur : un traitement préventif peut être indiqué, à voir avec votre médecin. Tous les détails sont sur notre page infos pratiques pour la Namibie, et le calendrier complet sur la page quand partir en Namibie.
Le Kaokoland dans votre voyage
Le Kaokoland s’ajoute à une boucle classique en Namibie, après le Damaraland et avant ou après Etosha. Par la route, prévoyez au moins trois à quatre jours supplémentaires ; en avion léger, deux à trois nuits suffisent. Nos idées d’itinéraires sont sur la page circuits en Namibie, et la présentation de tout le pays sur notre page safari en Namibie.