Le delta de l’Okavango en bref
Au nord-ouest du Botswana, le delta de l’Okavango est l’un des très rares grands deltas intérieurs du monde : son fleuve ne se jette dans aucune mer. Venue des hauts plateaux d’Angola, l’eau traverse la bande de Caprivi, en Namibie, entre au Botswana à Mohembo, s’écoule dans un couloir étroit appelé le Panhandle, puis s’étale en éventail sur le sable du Kalahari. Selon les années, la surface inondée varie du simple au double, jusqu’à environ 15 000 km² au plus fort de la crue. Presque toute cette eau finit par s’évaporer ou être absorbée par la végétation.
Le résultat est une mosaïque unique : chenaux bordés de papyrus, lagunes, plaines inondables, forêts de mopanes et des milliers d’îles, dont la plus grande, Chief’s Island, s’étire sur environ 70 km. Cette diversité de milieux explique la richesse de la faune et la variété des façons de l’explorer.
Depuis 2014, le delta est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Il a été le 1 000ᵉ site inscrit sur la liste, une reconnaissance de son fonctionnement hydrologique exceptionnel et de la faune qu’il abrite.
| En chiffres | |
|---|---|
| Pays | Botswana (district du Ngamiland) |
| Ville d’accès | Maun, puis petit avion vers les pistes des camps |
| Surface inondée | Variable selon les années, jusqu’à environ 15 000 km² |
| Statut | Réserve de Moremi et concessions privées ou communautaires |
| Meilleure période | Juin à octobre |
| Durée conseillée | 4 à 6 nuits, en deux camps |
Comprendre la crue de l’Okavango
C’est la particularité qui déroute tous les voyageurs : le delta est plein d’eau en pleine saison sèche.
Les pluies tombent sur les hauts plateaux angolais de novembre à mars. L’eau met ensuite plusieurs mois à parcourir les centaines de kilomètres qui la séparent du Botswana, car la pente est infime et le flot ralentit dans les papyrus. La crue atteint le Panhandle vers mars et avril, le cœur du delta vers mai et juin, et les abords de Maun vers juillet ou août. À ce moment, le ciel du Botswana est sec depuis des semaines.
Le niveau de la crue change beaucoup d’une année à l’autre. Certaines années, les plaines sont largement inondées et des camps deviennent accessibles uniquement par bateau ; d’autres années, la crue reste modeste et certaines zones saisonnières ne voient pas de mokoro.
Notre conseil : si le mokoro est pour vous un incontournable, choisissez au moins un camp dans le delta permanent, où les chenaux restent navigables toute l’année. Les camps des zones saisonnières ne proposent les activités sur l’eau qu’au moment de la crue.
Que faire dans l’Okavango ?
Le mokoro, au ras de l’eau
Le mokoro est la pirogue traditionnelle du delta. Autrefois creusé dans un tronc d’arbre, il est aujourd’hui le plus souvent en fibre de verre, pour préserver les grands arbres. Un pilote se tient debout à l’arrière et propulse l’embarcation avec une longue perche, le ngashi, en s’appuyant sur le fond sableux des chenaux. On glisse sans bruit entre les nénuphars, à hauteur des roseaux.
Le mokoro n’est pas la meilleure façon de voir les grands mammifères : c’est une expérience de calme et de détails. Grenouilles roseaux, martins-pêcheurs, jacanas, lechwes qui bondissent dans l’eau, parfois un éléphant qui traverse un chenal plus loin. Les pilotes connaissent les zones fréquentées par les hippopotames et les évitent. Une sortie dure généralement de deux à trois heures, souvent tôt le matin ou en fin d’après-midi.
Le bateau à moteur
Sur les chenaux profonds et les grandes lagunes, le bateau permet d’aller plus loin : héronnières où nichent marabouts et tantales, poissons-tigres pour la pêche (selon la saison et le camp), observation des hippopotames et des crocodiles. C’est aussi l’activité idéale pour chercher la chouette-pêcheuse de Pel, l’oiseau le plus recherché du delta.
Les safaris à pied
Accompagné d’un guide armé et d’un pisteur, on marche sur les îles pour lire les traces, observer les petites espèces et approcher, prudemment, girafes, zèbres ou buffles. Les safaris à pied ne sont pas autorisés partout : ils se pratiquent dans les concessions privées, pas dans la réserve de Moremi. La plupart des camps les réservent aux plus de 16 ans.
Le safari en 4x4
Les camps « terrestres », installés sur les grandes îles ou en lisière du delta, proposent des safaris en 4x4 ouvert. C’est là que l’on observe le mieux les grands prédateurs. Dans les concessions privées, les guides peuvent quitter la piste pour suivre un animal et organiser des safaris de nuit au projecteur, à la recherche des espèces nocturnes.
Le survol en hélicoptère ou en avion
Le dessin du delta ne se comprend vraiment que vu du ciel. Les transferts en petit avion entre les camps en donnent déjà un bel aperçu, à faible altitude. Certains camps proposent aussi un survol en hélicoptère, souvent sans portes, pour la photographie.
Les animaux du delta de l’Okavango
Le delta abrite une faune très dense, mais répartie de façon inégale selon les milieux et la saison.
- Les grands prédateurs : lions, léopards, hyènes tachetées et guépards dans les zones plus ouvertes. Les lions du delta sont connus pour traverser les chenaux à la nage.
- Le lycaon : le nord du Botswana est l’un des derniers bastions du chien sauvage d’Afrique. Les meutes installent leur tanière entre juin et septembre environ, une période idéale pour les observer.
- Les éléphants et les buffles : très nombreux, surtout en saison sèche, quand ils quittent le Kalahari pour l’eau.
- Les antilopes des marais : le lechwe rouge, parfaitement adapté à l’eau, et le sitatunga, beaucoup plus discret, dans les papyrus du delta permanent.
- Les oiseaux : plusieurs centaines d’espèces, dont la chouette-pêcheuse de Pel, le héron goliath, le pygargue vocifère, le martin-pêcheur huppé et les colonies de guêpiers carmins à partir de septembre.
Pour savoir où et quand observer chaque espèce emblématique, consultez notre guide des Big Five.
Concessions privées ou réserve de Moremi ?
Le delta est divisé en deux grands types de territoires, et ce choix change beaucoup la nature du séjour.
| Réserve de Moremi | Concessions privées | |
|---|---|---|
| Statut | Réserve nationale | Zones louées à des opérateurs ou gérées par des communautés |
| Safari hors piste | Non | Oui, selon les règles de chaque concession |
| Safari de nuit | Non | Oui |
| Safari à pied | Non | Oui, dans la plupart |
| Fréquentation | Plus de véhicules sur les sites connus | Très faible, quelques camps sur de grandes surfaces |
| Pour qui | Voyageurs en autotour, budgets plus doux | Safari sur-mesure, intimité, activités variées |
La réserve de Moremi couvre l’est du delta et Chief’s Island. Elle offre des paysages superbes et une faune remarquable, notamment autour de Xakanaxa et de Third Bridge. Les concessions privées, qui entourent la réserve, appliquent la politique botswanaise du tourisme à faible densité : peu de camps, peu de lits, de vastes territoires. Un camp de quelques tentes peut disposer de plusieurs centaines de kilomètres carrés pour ses seuls clients.
La plupart de nos voyageurs combinent un camp dans une concession privée pour la liberté des activités, et selon le budget, une nuit en bordure de Moremi ou dans la concession communautaire de Khwai.
Quand partir dans le delta de l’Okavango ?
| Période | Ce qu’il faut savoir |
|---|---|
| Janvier à mars | Saison verte, chaude et orageuse. Paysages verts, oiseaux migrateurs, tarifs plus doux. Eaux basses dans les zones saisonnières. |
| Avril à mai | Fin des pluies, la crue entre dans le delta. Bonne intersaison. |
| Juin à août | Crue à son maximum, ciel sec, journées douces (25 °C) et nuits froides (parfois proches de 5 °C). Haute saison. |
| Septembre à octobre | Chaleur croissante (souvent plus de 35 °C en octobre), faune très concentrée, excellentes observations. |
| Novembre à décembre | Premières pluies, naissances d’impalas et de lechwes, retour des oiseaux migrateurs. |
Pour comparer avec les autres régions du pays, consultez notre page quand partir au Botswana.
Comment se rendre dans le delta ?
La porte d’entrée est Maun, reliée à Johannesburg par des vols directs, puis à Paris avec une escale. Depuis Maun, de petits avions de brousse desservent les pistes des camps en 20 à 60 minutes de vol. Il n’y a pas de route vers la plupart des camps du delta.
Deux contraintes pratiques à anticiper :
- Les bagages : sacs souples obligatoires, sans armature, avec une limite de poids stricte, souvent autour de 20 kg par personne, bagage à main et matériel photo compris. Le poids exact dépend de l’opérateur aérien.
- Les horaires : les vols sont programmés selon les rotations du jour. Votre conseiller organise les correspondances pour éviter les attentes à Maun.
Les formalités d’entrée, la santé et les conseils pratiques sont détaillés sur la page infos pratiques Botswana.
Avec quoi combiner le delta ?
Le delta se combine très naturellement avec les autres grandes régions du nord du pays :
- le parc national de Chobe, pour ses troupeaux d’éléphants au bord de la rivière et ses croisières ;
- les salines de Makgadikgadi, pour le contraste total du désert de sel, des suricates et de la migration des zèbres ;
- les chutes Victoria, à la frontière de la Zambie et du Zimbabwe, à environ 1 h 30 de route de Kasane.
Un itinéraire classique de 10 à 12 jours réunit deux camps dans le delta, deux nuits à Chobe et deux nuits aux chutes Victoria. Découvrez nos idées de circuits au Botswana.
Notre conseil : dans le delta, la qualité du guide et l’emplacement du camp comptent davantage que le niveau de luxe. Mieux vaut deux camps bien choisis, l’un sur l’eau et l’autre sur la terre ferme, que trois camps prestigieux dans le même type de milieu.
Quel budget pour un safari dans l’Okavango ?
Le Botswana a fait le choix d’un tourisme haut de gamme et peu dense. Les camps du delta, accessibles uniquement par avion, sont en général en pension complète avec activités incluses. Les tarifs varient fortement selon la saison et la concession. Le détail des postes de dépense (vols intérieurs, droits de parc, hébergement par gamme) est sur notre page prix d’un safari au Botswana. Budget indicatif pour un séjour dans le delta : [à compléter].
