Les salines de Makgadikgadi en bref
Il y a plusieurs milliers d’années, un lac gigantesque recouvrait le centre-nord du Botswana. En s’asséchant, il a laissé un ensemble de cuvettes de sel et d’argile parmi les plus vastes du monde, dont les deux principales sont Ntwetwe et Sua. Plates comme une table, d’un blanc éblouissant en saison sèche, elles s’étendent à perte de vue, sans un arbre ni un relief.
Autour des cuvettes, des prairies, des palmiers et des baobabs forment un paysage à part, très différent du delta de l’Okavango voisin. Deux parcs nationaux protègent la région :
| Parc | Paysage | Points forts |
|---|---|---|
| Makgadikgadi Pans National Park | Prairies, rivière Boteti à l’ouest, bord de la saline de Ntwetwe | Zèbres au bord de la Boteti en saison sèche |
| Nxai Pan National Park | Ancienne cuvette couverte d’herbe, bosquets d’acacias | Migration des zèbres en saison verte, baobabs de Baines |
Hors des parcs, de vastes zones de salines et de prairies sont gérées en concessions, d’où partent les sorties en quad et les nuits sur le sel.
Que faire dans les salines de Makgadikgadi ?
Rencontrer les suricates
C’est l’image la plus connue de Makgadikgadi. En bordure des salines, des colonies de suricates sont habituées à la présence humaine depuis des années, grâce au travail patient de chercheurs et de guides. On s’assoit au sol, à quelques mètres du terrier, au lever du soleil. Les suricates sortent, se dressent pour se réchauffer, montent la garde, et il arrive qu’un individu grimpe sur l’épaule d’un visiteur pour mieux surveiller l’horizon.
Rouler en quad sur le sel
En saison sèche, quand la croûte de sel est dure, les sorties en quad sur la saline de Ntwetwe sont l’un des grands moments du Botswana. On roule en file derrière le guide, sur un sol parfaitement plat, jusqu’à perdre tout repère. Le silence est total. Ces sorties ne se font qu’avec un opérateur agréé, sur les zones autorisées, pour ne pas abîmer la croûte.
Dormir à la belle étoile sur la saline
Plusieurs camps proposent une nuit sur le sel : un matelas, des couvertures, un repas autour du feu, et le ciel le plus étoilé que l’on puisse imaginer, sans aucune pollution lumineuse. C’est une expérience à vivre au moins une fois, de préférence autour de la nouvelle lune.
Marcher avec les San
Certains camps proposent des marches avec des guides san, le peuple premier du Kalahari. Ils montrent comment trouver de l’eau dans une racine, pister un animal, allumer un feu ou fabriquer un piège. C’est une approche respectueuse d’une culture qui a longtemps vécu de la chasse et de la cueillette dans ces terres.
Les baobabs de Baines
Dans le parc de Nxai Pan, sur la petite saline de Kudiakam, un petit groupe de baobabs plusieurs fois centenaires se dresse au bord du sel. Ils portent le nom de Thomas Baines, peintre et explorateur britannique qui les a représentés en 1862. Le paysage a très peu changé depuis. C’est l’un des sites les plus photographiés du pays, superbe au lever et au coucher du soleil.
Kubu Island
À l’ouest de la saline de Sua, Kubu Island est un îlot de granit couvert de baobabs, qui émerge du sel comme une île d’un océan disparu. Il se rejoint en 4x4, par une piste longue et isolée, et se visite surtout en autotour ou en expédition accompagnée.
La migration des zèbres
C’est le grand spectacle de la saison verte, encore peu connu du grand public. Des dizaines de milliers de zèbres, accompagnés de gnous, se déplacent au rythme des pluies.
- Saison sèche (mai à octobre) : les troupeaux se regroupent le long de la rivière Boteti, à l’ouest du parc de Makgadikgadi, la seule eau disponible. Ils y viennent boire par milliers, sous l’œil des lions.
- Saison verte (décembre à mars) : avec les premières pluies, ils partent vers l’est et le nord pour les prairies riches en minéraux qui bordent les salines et vers Nxai Pan. C’est là qu’ils mettent bas.
Des recherches ont aussi montré qu’une partie des zèbres de la région effectuent l’une des plus longues migrations terrestres d’Afrique, entre les plaines inondables de la rivière Chobe, en Namibie, et Nxai Pan.
En saison verte, Nxai Pan accueille aussi des springboks, des oryx gemsboks, des girafes, des bubales et des guépards qui profitent de l’abondance des proies. Lorsque la saline de Sua est en eau après de fortes pluies, des flamants nains et roses peuvent s’y rassembler par milliers.
Notre conseil : les salines changent complètement de visage d’une saison à l’autre. En saison sèche, venez pour le sel, les suricates et le quad ; en saison verte, pour la migration et Nxai Pan. Votre conseiller choisit le camp en fonction de la période, car tous ne sont pas idéalement placés toute l’année.
Les autres animaux des salines
Les salines sont un milieu de désert, avec une faune adaptée : hyène brune, la plus discrète des hyènes, protèle, otocyon (le renard à oreilles de chauve-souris), porc-épic, et parfois l’oryctérope. On y observe aussi le lion du Kalahari et, en saison verte, l’outarde kori, le plus lourd des oiseaux volants. Le long de la Boteti, les hippopotames et les éléphants mâles sont fréquents en saison sèche.
Quand partir à Makgadikgadi ?
| Période | Ce qu’il faut savoir |
|---|---|
| Décembre à mars | Saison verte, chaude et orageuse. Migration des zèbres, Nxai Pan au sommet, sel souvent humide : pas de quad sur certaines zones. |
| Avril à mai | Intersaison. Les zèbres repartent vers la Boteti, le sel commence à sécher. |
| Juin à août | Sel sec, nuits très froides, ciel limpide. Idéal pour le quad, les nuits sur le sel et les suricates. |
| Septembre à novembre | Chaleur croissante, zèbres massés sur la Boteti, brumes de chaleur sur les salines. |
Comparez avec le reste du pays sur notre page quand partir au Botswana.
Comment se rendre dans les salines ?
- Depuis Maun : environ 1 h 30 à 2 h de route jusqu’à la Boteti et à l’entrée du parc de Makgadikgadi, ou un court vol en avion de brousse vers les pistes des camps.
- Nxai Pan : environ 140 km de Maun par la route de Nata, puis une trentaine de kilomètres de piste de sable vers le nord jusqu’à l’entrée du parc.
- Depuis Kasane : environ 300 km de route jusqu’à Nata, porte d’entrée est des salines, ou un vol.
Les formalités et les conseils de santé figurent sur la page infos pratiques Botswana.
Avec quoi combiner Makgadikgadi ?
Les salines apportent ce qui manque au reste du Botswana : le désert, le vide et le ciel. On les associe généralement avec :
- le delta de l’Okavango, à 30 à 45 minutes de vol ;
- la réserve de Moremi et la concession de Khwai ;
- le parc national de Chobe et les chutes Victoria, au nord-est.
Pour un voyage en famille, les suricates et le quad, accessibles selon l’âge fixé par chaque camp, sont souvent les souvenirs préférés des enfants. Voir nos idées de safari en famille, et nos idées de circuits au Botswana.
Notre conseil : placez les salines en fin de voyage. Après les jours intenses du delta, deux nuits dans ce décor de silence permettent de ralentir, et Maun, d’où partent les vols de retour, est tout proche.
Budget
Les salines comptent des camps de toutes gammes, du camp simple au camp de luxe. Les droits d’entrée des parcs de Makgadikgadi et de Nxai Pan sont fixés par le Département de la faune et des parcs nationaux du Botswana [à vérifier]. Tous les postes de dépense sont détaillés sur la page prix d’un safari au Botswana. Budget indicatif : [à compléter].