Kenya · Nord

Le lac Turkana, la mer de jade du nord du Kenya

Le lac Turkana s’étire sur près de 300 kilomètres dans le désert du nord du Kenya : c’est le plus grand lac désertique permanent du monde, surnommé la « mer de jade » pour la couleur de ses eaux. Ses rives abritent des sites fossiles majeurs de l’histoire humaine et des peuples pasteurs, Turkana, El Molo, Gabbra, qui vivent loin de tout circuit touristique. Ce n’est pas un safari mais une expédition, à réserver aux voyageurs qui connaissent déjà l’Afrique de l’Est.

Mis à jour le 27 octobre 2026 · Par l’équipe Mister Safari

Lac Turkana

Chaleur toute l’année, vent fort l’après-midi ; courtes pluies en avril et en novembre

  1. Janvier : Idéal
  2. Février : Idéal
  3. Mars : Bon
  4. Avril : Possible
  5. Mai : Bon
  6. Juin : Bon
  7. Juillet : Bon
  8. Août : Bon
  9. Septembre : Bon
  10. Octobre : Bon
  11. Novembre : Possible
  12. Décembre : Bon
  • Idéal
  • Bon
  • Possible

Un lac sans exutoire au fond du Rift

Le lac Turkana occupe le fond de la vallée du Rift, à l’extrême nord du Kenya. Il n’a pas d’exutoire : l’eau qui y arrive ne repart que par évaporation, ce qui le rend légèrement salé et alcalin. Autour, rien que du désert : coulées de lave, rocaille, quelques palmiers doum le long des rives.

En bref
Situation extrême nord du Kenya, frontière éthiopienne
Longueur près de 300 km
Statut parcs nationaux du lac Turkana, patrimoine mondial de l’UNESCO
Accès vol charter depuis Nairobi, ou 2 jours de route
Durée conseillée 3 à 4 nuits sur place
Meilleure période janvier et février, puis de juin à octobre

La mer de jade

Selon l’heure et le vent, l’eau passe du gris au vert profond. Au lever du jour, la surface est lisse ; l’après-midi, un vent violent se lève et creuse des vagues dignes d’une mer. C’est ce caractère qui frappe d’abord : un lac immense, au milieu d’un désert, sans un village pendant des dizaines de kilomètres.

Le lac abrite l’une des plus grandes populations de crocodiles du Nil d’Afrique, qui se reproduisent en particulier sur l’île Centrale. Les flamants roses et les oiseaux migrateurs y font halte, et les eaux nourrissent perches du Nil et poissons-tigres, base de la vie des pêcheurs.

Sibiloi et Koobi Fora : aux origines de l’humanité

Sur la rive est, le parc national de Sibiloi protège un des sites les plus importants pour la connaissance des origines de l’homme. À Koobi Fora, les équipes de Richard Leakey ont mis au jour, à partir de la fin des années 1960, des fossiles d’hominidés vieux de près de deux millions d’années. Sur la rive ouest a été découvert en 1984 le squelette presque complet d’un adolescent vieux d’environ 1,5 million d’années, surnommé le « garçon de Turkana ».

Sibiloi conserve aussi une forêt pétrifiée et une faune adaptée au désert : zèbres de Grévy, oryx, gazelles de Grant, topis. On y croise très peu de visiteurs.

L’île Centrale et ses volcans

Au milieu du lac, l’île Centrale est un volcan encore actif, percé de cratères dont certains abritent de petits lacs aux couleurs différentes. C’est un lieu de reproduction majeur pour les crocodiles. On y accède en bateau depuis la rive ouest ou depuis Loiyangalani, quand le vent le permet, ce qui impose de partir tôt le matin.

Les peuples du lac Turkana

La rencontre avec les peuples du lac est souvent ce qui marque le plus les voyageurs. Elle se fait avec un guide de la région, dans le respect des villages, et jamais comme un spectacle.

  • Les Turkana : pasteurs nomades de la rive ouest et de tout le nord-ouest du Kenya, qui ont donné leur nom au lac. Ils vivent de leurs troupeaux de chèvres, de chameaux et de vaches, dans l’une des régions les plus arides du pays. Les femmes portent de nombreux colliers de perles, signe de leur statut.
  • Les El Molo : l’un des plus petits peuples du Kenya, installés près de Loiyangalani, sur la rive est. Ce sont des pêcheurs, les seuls à vivre principalement du lac.
  • Les Gabbra et les Rendille : éleveurs de chameaux des déserts de l’est, qui fréquentent les puits et les marchés de la région.
  • Les Samburu, au sud du lac, plus proches du parc de Samburu.

Notre conseil : demandez l’autorisation avant toute photo et laissez votre guide organiser les rencontres. Une visite préparée, avec une contrepartie convenue pour le village, se passe toujours mieux qu’un arrêt improvisé.

Un patrimoine mondial en péril

Les parcs nationaux du lac Turkana (Sibiloi, l’île Centrale et l’île du Sud) sont inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO. Depuis 2018, ils figurent sur la liste du patrimoine en péril : la rivière Omo, qui apporte l’essentiel de l’eau du lac depuis l’Éthiopie, est de plus en plus captée par des barrages et des cultures irriguées. Le niveau et la salinité du lac en dépendent, comme la vie de ceux qui en vivent.

Quand partir au lac Turkana ?

Il fait chaud toute l’année au bord du lac, souvent plus de 35 °C l’après-midi, et le vent souffle fort chaque jour. Janvier et février sont les mois les plus favorables, suivis de la période de juin à octobre. Les courtes pluies d’avril et de novembre peuvent rendre les pistes impraticables. Pour le reste du pays, voyez notre page quand partir au Kenya.

Organiser l’expédition

Le lac Turkana ne se visite pas comme un parc de safari. Les hébergements sont rares et simples, les distances immenses, et la logistique décide de tout : avion charter, véhicule, guide, ravitaillement. Avant tout projet, consultez les conseils aux voyageurs de diplomatie.gouv.fr pour le nord du Kenya, et notre page infos pratiques sur le Kenya.

Le lac se combine le plus souvent avec un safari plus classique : Samburu et le Laikipia sont sur le chemin par la route, et le Masai Mara termine le voyage en beauté. Votre conseiller vous dira si l’expédition est réaliste pour vos dates, et l’organise de bout en bout.

Questions fréquentes

Vos questions

Où se trouve le lac Turkana ?

Le lac Turkana se trouve à l’extrême nord du Kenya, dans la vallée du Rift, et sa pointe nord pénètre en Éthiopie. Il est entouré de déserts de lave et de rocaille. Nairobi est à environ 2 h 30 de vol charter, ou à deux longues journées de route par Samburu et Marsabit.

Pourquoi appelle-t-on le lac Turkana la mer de jade ?

Selon la lumière et le vent, ses eaux prennent une couleur verte, due aux algues qui s’y développent. Le contraste avec les rives de lave noire et le désert ocre a valu au lac ce surnom de mer de jade. Il s’est longtemps appelé lac Rudolf, du nom donné en 1888 par les explorateurs européens, avant d’être rebaptisé dans les années 1970.

Qui sont les Turkana ?

Les Turkana sont un peuple de pasteurs nomades du nord-ouest du Kenya, qui vivent de leurs chèvres, de leurs chameaux et de leurs vaches dans l’une des régions les plus arides du pays. Ils sont connus pour leurs parures, en particulier les nombreux colliers que portent les femmes. Sur la rive est vivent aussi les El Molo, l’un des plus petits peuples du Kenya, pêcheurs du lac, ainsi que des Gabbra et des Rendille.

Comment aller au lac Turkana ?

Le plus simple est un vol charter depuis Nairobi jusqu’à Loiyangalani, sur la rive est, ou jusqu’à une piste du parc de Sibiloi. Par la route, il faut deux jours de piste, avec un véhicule bien préparé et un chauffeur expérimenté. Dans les deux cas, l’expédition s’organise avec un guide qui connaît la région.

Le lac Turkana est-il menacé ?

Oui. Le lac est alimenté presque entièrement par la rivière Omo, qui vient d’Éthiopie, où de grands barrages et des projets d’irrigation réduisent son débit. Pour cette raison, l’UNESCO a inscrit les parcs nationaux du lac Turkana sur la liste du patrimoine mondial en péril en 2018.

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