Un lac sans exutoire au fond du Rift
Le lac Turkana occupe le fond de la vallée du Rift, à l’extrême nord du Kenya. Il n’a pas d’exutoire : l’eau qui y arrive ne repart que par évaporation, ce qui le rend légèrement salé et alcalin. Autour, rien que du désert : coulées de lave, rocaille, quelques palmiers doum le long des rives.
| En bref | |
|---|---|
| Situation | extrême nord du Kenya, frontière éthiopienne |
| Longueur | près de 300 km |
| Statut | parcs nationaux du lac Turkana, patrimoine mondial de l’UNESCO |
| Accès | vol charter depuis Nairobi, ou 2 jours de route |
| Durée conseillée | 3 à 4 nuits sur place |
| Meilleure période | janvier et février, puis de juin à octobre |
La mer de jade
Selon l’heure et le vent, l’eau passe du gris au vert profond. Au lever du jour, la surface est lisse ; l’après-midi, un vent violent se lève et creuse des vagues dignes d’une mer. C’est ce caractère qui frappe d’abord : un lac immense, au milieu d’un désert, sans un village pendant des dizaines de kilomètres.
Le lac abrite l’une des plus grandes populations de crocodiles du Nil d’Afrique, qui se reproduisent en particulier sur l’île Centrale. Les flamants roses et les oiseaux migrateurs y font halte, et les eaux nourrissent perches du Nil et poissons-tigres, base de la vie des pêcheurs.
Sibiloi et Koobi Fora : aux origines de l’humanité
Sur la rive est, le parc national de Sibiloi protège un des sites les plus importants pour la connaissance des origines de l’homme. À Koobi Fora, les équipes de Richard Leakey ont mis au jour, à partir de la fin des années 1960, des fossiles d’hominidés vieux de près de deux millions d’années. Sur la rive ouest a été découvert en 1984 le squelette presque complet d’un adolescent vieux d’environ 1,5 million d’années, surnommé le « garçon de Turkana ».
Sibiloi conserve aussi une forêt pétrifiée et une faune adaptée au désert : zèbres de Grévy, oryx, gazelles de Grant, topis. On y croise très peu de visiteurs.
L’île Centrale et ses volcans
Au milieu du lac, l’île Centrale est un volcan encore actif, percé de cratères dont certains abritent de petits lacs aux couleurs différentes. C’est un lieu de reproduction majeur pour les crocodiles. On y accède en bateau depuis la rive ouest ou depuis Loiyangalani, quand le vent le permet, ce qui impose de partir tôt le matin.
Les peuples du lac Turkana
La rencontre avec les peuples du lac est souvent ce qui marque le plus les voyageurs. Elle se fait avec un guide de la région, dans le respect des villages, et jamais comme un spectacle.
- Les Turkana : pasteurs nomades de la rive ouest et de tout le nord-ouest du Kenya, qui ont donné leur nom au lac. Ils vivent de leurs troupeaux de chèvres, de chameaux et de vaches, dans l’une des régions les plus arides du pays. Les femmes portent de nombreux colliers de perles, signe de leur statut.
- Les El Molo : l’un des plus petits peuples du Kenya, installés près de Loiyangalani, sur la rive est. Ce sont des pêcheurs, les seuls à vivre principalement du lac.
- Les Gabbra et les Rendille : éleveurs de chameaux des déserts de l’est, qui fréquentent les puits et les marchés de la région.
- Les Samburu, au sud du lac, plus proches du parc de Samburu.
Notre conseil : demandez l’autorisation avant toute photo et laissez votre guide organiser les rencontres. Une visite préparée, avec une contrepartie convenue pour le village, se passe toujours mieux qu’un arrêt improvisé.
Un patrimoine mondial en péril
Les parcs nationaux du lac Turkana (Sibiloi, l’île Centrale et l’île du Sud) sont inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO. Depuis 2018, ils figurent sur la liste du patrimoine en péril : la rivière Omo, qui apporte l’essentiel de l’eau du lac depuis l’Éthiopie, est de plus en plus captée par des barrages et des cultures irriguées. Le niveau et la salinité du lac en dépendent, comme la vie de ceux qui en vivent.
Quand partir au lac Turkana ?
Il fait chaud toute l’année au bord du lac, souvent plus de 35 °C l’après-midi, et le vent souffle fort chaque jour. Janvier et février sont les mois les plus favorables, suivis de la période de juin à octobre. Les courtes pluies d’avril et de novembre peuvent rendre les pistes impraticables. Pour le reste du pays, voyez notre page quand partir au Kenya.
Organiser l’expédition
Le lac Turkana ne se visite pas comme un parc de safari. Les hébergements sont rares et simples, les distances immenses, et la logistique décide de tout : avion charter, véhicule, guide, ravitaillement. Avant tout projet, consultez les conseils aux voyageurs de diplomatie.gouv.fr pour le nord du Kenya, et notre page infos pratiques sur le Kenya.
Le lac se combine le plus souvent avec un safari plus classique : Samburu et le Laikipia sont sur le chemin par la route, et le Masai Mara termine le voyage en beauté. Votre conseiller vous dira si l’expédition est réaliste pour vos dates, et l’organise de bout en bout.