Une Namibie d’eau et de forêts
Sur une carte, la région du Zambezi saute aux yeux : un long doigt de terre qui file vers l’est depuis le nord de la Namibie, large de 30 à 100 kilomètres, coincé entre l’Angola et la Zambie au nord, le Botswana au sud. À son extrémité, sur l’île d’Impalila, quatre pays se touchent presque : Namibie, Botswana, Zambie et Zimbabwe.
Le dépaysement est total pour qui arrive d’Etosha ou du désert. Le sable rouge laisse place aux forêts claires de mopane et de teck du Zambèze, aux plaines inondables, aux roselières et aux îles de papyrus. Quatre grands cours d’eau dessinent la région : l’Okavango à l’ouest, la Kwando, qui devient plus au sud la Linyanti puis le Chobe, et le Zambèze au nord-est, que l’on longe jusqu’à Katima Mulilo, la capitale régionale.
| Repère | Ce qu’il faut savoir |
|---|---|
| Ancien nom | Bande de Caprivi (Caprivi Strip), jusqu’en 2013 |
| Longueur | environ 450 km d’ouest en est |
| Ville principale | Katima Mulilo, sur le Zambèze |
| Parcs nationaux | Bwabwata, Mudumu, Nkasa Rupara |
| Depuis Windhoek | environ 1 200 km, deux jours de route |
| Durée conseillée | 2 à 5 nuits |
| Meilleure période | de juin à octobre |
De Caprivi à Zambezi : l’histoire d’un nom
Le couloir doit son tracé à un marchandage colonial. En 1890, par le traité germano-britannique dit d’Heligoland-Zanzibar, l’Allemagne obtint cette bande de terre pour relier sa colonie du Sud-Ouest africain au Zambèze, qu’elle espérait navigable jusqu’à l’océan Indien. Les chutes Victoria, en aval, ruinèrent ce projet. La région reçut le nom du chancelier allemand de l’époque, Leo von Caprivi.
En 2013, sur recommandation de la quatrième commission de délimitation des régions, la région a été rebaptisée Zambezi, du nom du fleuve qui la borde. Le changement, publié au Journal officiel namibien en août 2013, a été diversement accueilli localement, et l’on entend encore partout parler de « Caprivi ».
Les parcs nationaux de la région du Zambezi
Tous trois font partie de la grande aire de conservation transfrontalière Kavango-Zambèze (KAZA), qui permet aux éléphants de circuler entre la Namibie, le Botswana, la Zambie, le Zimbabwe et l’Angola.
Bwabwata
Le plus grand des trois, créé en 2007, s’étend entre l’Okavango et la Kwando. Particularité : des communautés y vivent, et le parc alterne zones habitées et zones centrales protégées.
- À l’ouest, la zone de Mahango, sur l’Okavango, près des rapides de Popa à Divundu : plaines inondables, troupeaux de cobes lechwe, buffles, hippopotames et, avec de la chance, hippotragues noirs et rouanes. Elle se parcourt facilement à la journée.
- À l’est, la zone de la Kwando, avec le méandre de Horseshoe, où les éléphants viennent boire et se baigner par dizaines en fin de saison sèche. Le lycaon y est régulièrement observé.
Mudumu
Sur la rive est de la Kwando, Mudumu mêle forêts de mopane et rives marécageuses. On l’explore en 4x4, mais surtout en bateau : hippopotames, crocodiles, éléphants qui traversent la rivière, sitatungas dans les roseaux.
Nkasa Rupara
Anciennement appelé Mamili, rebaptisé en 2012 du nom de ses deux principales îles, Nkasa Rupara est un dédale de marais, de canaux et d’îles sur la Kwando-Linyanti, souvent comparé à un petit delta de l’Okavango. C’est la plus grande zone humide protégée du pays. On y trouve d’importants troupeaux de buffles, les cobes lechwe et puku, le sitatunga et de nombreux oiseaux d’eau. Pendant et après les pluies, une grande partie du parc est sous l’eau et les pistes deviennent impraticables.
Une destination majeure pour les oiseaux
Avec plus de 400 espèces recensées dans la région, le Zambezi est le meilleur endroit de Namibie pour l’ornithologie. Quelques temps forts :
- les colonies de guêpiers carmin, qui creusent leurs nids dans les berges du Zambèze et du Chobe, à observer surtout de septembre à novembre ;
- le bec-en-ciseaux d’Afrique, sur les bancs de sable des grandes rivières en saison sèche ;
- la chouette-pêcheuse de Pel, l’un des oiseaux les plus recherchés du continent, dans les grands arbres des rives ;
- la grue caronculée, l’aigrette ardoisée et de nombreux hérons dans les marais de Nkasa Rupara ;
- les migrateurs d’Europe et d’Afrique, de novembre à mars, quand la région verdit.
Notre conseil : passionnés d’oiseaux, prévoyez au moins une sortie en bateau au lever du soleil sur la Kwando ou le Zambèze. Les berges défilent lentement, et c’est le meilleur moment pour les martins-pêcheurs, les guêpiers et le pygargue vocifère.
Que faire dans la région du Zambezi ?
- Safari en bateau sur la Kwando, le Chobe ou le Zambèze, l’activité phare de la région.
- Safari en 4x4 dans les zones de Mahango et de Horseshoe, ou à Nkasa Rupara en saison sèche.
- Pêche au poisson-tigre sur le Zambèze, une référence pour les pêcheurs sportifs, de préférence en fin de saison sèche.
- Marches guidées et visites de villages avec les conservancies communautaires, qui gèrent une partie des terres et en tirent des revenus.
- Les rapides de Popa, sur l’Okavango, à Divundu, une étape agréable à l’entrée de la région.
Quand partir dans la région du Zambezi ?
C’est la partie la plus humide de la Namibie. Les pluies tombent surtout de décembre à mars, accompagnées d’une forte chaleur.
- De juin à octobre, la saison sèche concentre les animaux le long des rivières, les pistes sont praticables et les moustiques moins nombreux. Septembre et octobre offrent les plus belles observations d’éléphants, avec des après-midi très chauds.
- De novembre à avril, la région devient verte et luxuriante, les oiseaux migrateurs arrivent et les naissances se multiplient, mais certaines pistes, surtout à Nkasa Rupara, sont coupées.
Le paludisme est présent toute l’année le long des fleuves, avec un risque plus élevé pendant la saison des pluies : parlez-en à votre médecin avant le départ. Le détail est sur notre page infos pratiques pour la Namibie, et le calendrier de tout le pays sur la page quand partir en Namibie.
Combiner la région du Zambezi avec le Botswana et les chutes Victoria
C’est le grand atout de la région : elle relie la Namibie aux sites majeurs de ses voisins.
- Le parc de Chobe : depuis le poste-frontière de Ngoma, on entre directement au Botswana et l’on traverse le parc jusqu’à Kasane. Les rives du Chobe accueillent en saison sèche l’une des plus fortes concentrations d’éléphants d’Afrique : voir notre page Chobe.
- Les chutes Victoria : à environ 80 kilomètres de Kasane, côté Zimbabwe ou côté Zambie. Voir notre page chutes Victoria.
- Le delta de l’Okavango : depuis Kasane, les camps du delta se rejoignent en avion léger.
L’itinéraire type part de Windhoek vers Etosha, file vers l’est par la région du Kavango et les rapides de Popa, prend deux à quatre nuits sur la Kwando et le Zambèze, puis passe au Botswana. Comptez au moins 16 à 21 jours pour ce grand voyage sans vous presser. Nos idées sont sur la page circuits en Namibie.
Depuis le 1er avril 2026, les parcs de la région du Zambezi appliquent un tarif inférieur à celui d’Etosha, de l’ordre de 200 dollars namibiens par adulte étranger et par jour selon la presse spécialisée namibienne [à vérifier sur le barème officiel]. Tous les postes de dépense sont détaillés sur la page prix d’un voyage en Namibie.
